Projet ULYSSE, ELENGY met plus d'eau dans son gaz

Projet ULYSSE, ELENGY met plus d'eau dans son gaz

20 février 2026
Développement

Avec le projet Ulysse, le terminal méthanier de Montoir se lance dans une vaste opération de décarbonation. Il va supprimer la combustion du gaz sur son site et privilégier l’eau de la Loire comme unique moyen de réchauffer son GNL (Gaz naturel liquéfié).

Le terminal méthanier, qui importe du GNL à - 160 °C, doit le remonter en température pour retrouver la phase gazeuse et l’injecter dans le réseau. Pour ce faire, il dispose déjà de quatre grands “regazéifieurs” qui utilisent l’eau de la Loire.

En période de pointe de consommation, le terminal a besoin d’injecter rapidement une plus grande quantité de gaz. Actuellement, il utilise un procédé de regazéification dit “à combustion” : sept regazéifieurs permettent de chauffer de l’eau plus rapidement en brûlant du gaz. “Cette méthode contribue à 85 % de nos émissions de CO₂, reconnaît Bruno Michel, Directeur du terminal d’Elengy. Nous avons lancé le projet Ulysse pour supprimer cette combustion et viser le zéro carbone à l’horizon 2030.”

Réutiliser l'eau du cycle combiné électrique voisin  

Elengy va investir 220 millions d'euros (M€) dans ce grand programme de modernisation sur la période 2026-2030. Les sept regazéifieurs à combustion vont disparaître et deux nouveaux, qui utiliseront l’eau de la centrale électrique voisine de Engie (potentiellement plus chaude), vont voir le jour. En ce sens, on peut parler d’un projet d’écologie industrielle tout autant que d’une optimisation du process. 

L’opération est l’équivalent d’un grand carénage pour une centrale nucléaire. En parallèle à la suppression de ces sept unités, nous allons rénover une grande partie de nos installations. Les six regazéifieurs, neufs ou rénovés, fonctionnant avec l’eau de la Loire, vont augmenter nos capacités et nous permettront d’absorber les périodes de pointe.” 

Le projet Ulysse s’inscrit dans une démarche globale de modernisation du terminal. Cette dernière, dotée d’un budget de près de 500 M€ sur 7 ans, va connaître une année charnière en 2026. “Le terminal va subir un arrêt complet de près de cinq semaines pour un changement complet de notre système de contrôle commande, détaille Bruno Michel. Nous allons profiter de cette pause contrainte pour réaliser un maximum de travaux.”

 

Article issu du magazine West Link de février 2026, pour le consulter cliquez sur ce lien