Maîtriser l'impact environnemental de l'activité des dragages

La politique de dragage de Nantes Saint-Nazaire Port repose sur l'optimisation du maintien des profondeurs en fonction du trafic attendu, limitant par ailleurs l'incidence de ces opérations sur l'environnement estuarien. Cette stratégie s'appuie sur la prise en compte de l'hydrologie du fleuve, le débit de la Loire influençant fortement les apports en sédiments et les conditions de leur évacuation.



La flotte dédiée au dragage qui opère sur l'estuaire de la Loire : le Milouin, la Samuel de Champlain et l'André Gendre. Elle est complétée par trois vedettes hydrographiques.

 

Un important programme de suivis environnementaux

Les opérations de dragage et d'immersion en mer des matériaux dragués sont soumises à autorisation au titre du Code de l'environnement, à travers un arrêté d'autorisation interpréfectoral (Loire-Atlantique, Vendée), faisant suite à une enquête publique. Nantes Saint-Nazaire Port développe un important programme de suivis environnementaux afin de contrôler l'incidence de son activité de dragage sur les milieux estuarien et marin : suivi des quantités draguées et immergées et de la bathymétrie de la zone d'immersion;  inventaires de la faune benthique sur les zones de dragage et d'immersion ainsi que des macroalgues du plateau rocheux de La Banche ; suivi de l'oxygène dissous et de la turbidité ; de la qualité physico-chimique des matériaux dragués et immergés…. Ils sont ensuite restitués en Comité de suivi, entité administrative en charge de valider le niveau d'impact des opérations de dragage et d'immersion conformément à l'autorisation interpréfectorale.

Des études innovantes

Préalablement à cette autorisation, des campagnes importantes de mesures en mer et des études novatrices et élaborées dans le domaine de la modélisation hydrosédimentaire ont notamment conduit Nantes Saint-Nazaire Port à privilégier le clapage dans des zones plus profondes. Cette disposition réduit sensiblement les effets de dispersion des sédiments et donc l'impact sur les milieux naturels. Cette proposition s'est traduite par une extension de la zone d'immersion de la Lambarde vers le large, actée dans l'arrêté interpréfectoral du 24 avril 2013, autorisant les dragages d'entretien du chenal et l'immersion des sédiments pour une période de dix ans.

Le devenir des sédiments immergés sur le site de la Lambarde est un sujet d'intérêt constant de Nantes Saint-Nazaire Port. Des mesures de turbidité de long terme, dans l’estuaire externe, ont été réalisés entre octobre 2018 et juillet 2019 et seront utilisées dans les modélisations améliorées des pratiques de dragage et d’immersion dans leur contexte hydrosédimentaire. Ainsi, le modèle intégrera les immersions à La Lambarde, le bruit de fond en matières en suspension de l’estuaire externe, la dynamique du bouchon vaseux, les dragages et la qualité des eaux. Une manière pour Nantes Saint-Nazaire Port de mieux apprécier les incidences des immersions dans le contexte de l'estuaire externe qui est sous l'influence de divers apports fluviaux.

Un bilan des pratiques sur 5 ans

Un bilan à mi-autorisation a été présenté en comité de suivi en mars 2019. Il a permis de rendre compte des suivis réalisés depuis 2013 et de valider certaines évolutions dans les pratiques et les suivis environnementaux qui ont ensuite fait l’objet d’une présentation en commission locale d’information, en juillet 2019.

 

La drague Samuel de Champlain remotorisée au GNL

Afin de contribuer à la réduction de son impact environnemental, Nantes Saint-Nazaire Port s'associe à douze autres partenaires pour porter le programme S/F SamuelLNG for a blue Atlantic arch, coordonné par le GIE Dragages Ports et cofinancé par l'Union européenne dans le cadre du programme pour l’interconnexion en Europe. L'une des principales actions de ce projet, lancé officiellement en décembre 2016, consiste à équiper la drague Samuel de Champlain d'une motorisation duale fuel-gaz naturel liquéfié. Cette évolution permettra d'atteindre une réduction importante des émissions polluantes sur l'estuaire de la Loire et notamment :


- la quasi élimination des émissions d'oxydes de soufre et de particules fines ;
- la réduction des émissions d'oxydes d'azote de 65 % ;
- une réduction des émissions de gaz à effet de serre de l'ordre de 15 à 20 %.

Le chantier de reconversion a débuté en octobre 2018 à Dunkerque. La drague a fait son retour dans l'estuaire estuaire de la Loire en juin 2019 équipée de sa nouvelle motorisation.