Nantes Saint-Nazaire Port Le magazine n°97

6 8 POUR LE RÉSEAU INTERPROFESSIONNEL FEEDSIMAVENIR, LA PRODUCTIONANIMALE VACONNAÎTRE DES BOULEVERSEMENTS IMPORTANTS. LES NOUVELLES EXIGENCES DES CONSOMMATEURS VONT CONDUIRE À UN MORCELLEMENT DU MARCHÉ. “La France est confrontée à une rupture des modes de consommation depuis plusieurs années, constate Laurent Morin, Directeur de Feedsim avenir, le réseau du grand Ouest qui regroupe les principaux acteurs de la filière nutrition animale : fabricants, importateurs, triturateurs, courtiers, ports… Ces évolutions impliquent toute la chaîne d’appro- visionnement et doivent donc être anticipées.” Une partie de la demande des consommateurs devient de plus en plus qualitative. La filière bio est désormais mature. Le non-OGM se développe, notamment avec des initiatives récentes des entreprises laitières. Une autonomie protéique grandissante est recherchée par les entreprises de l’Ouest. L’association Bleu-Blanc-Cœur milite par exemple pour une production de plus en plus Feedsim Avenir Passer de la masse à la niche LE GRAND OUEST EN MOUVEMENT F I L I È R E NANTES SAINT-NAZAIRE PORT LE MAGAZINE - N°98 - janvier 2020 importante de protéines locales dans les rations des animaux d’élevage. ISOLER LES DIFFÉRENTS LOTS “Passer de production de masse à la création de marchés de niche réclame du temps , poursuit Laurent Morin. Les différentes crises sanitaires ont renforcé le principe de précaution. Les mesures d’hygiène et de bio-sécurité se multiplient sur tous les maillons de la chaîne. Les lots doivent être isolés pour que cette chaîne continue de fonctionner. Il faut ainsi prévoir la construction de nouveaux silos pour le stockage de produits qui ne doivent pas se mélanger. Ces impératifs ont des impacts sur la compétitivité des produits français par rapport à certains autres pays qui n’ont pas les mêmes contraintes.” Si la consommation de viande a baissé ces der- nières années, elle reste globalement importante, notamment en restauration hors foyer. La France est encore loin de l’autonomie protéique. “Le déficit ne va pas se résorber en quelques années, souligne Laurent Morin. Des solutions alterna- tives existent avec le soja français ou encore des cultures comme le pois, mais qui demandent à être développées. En ce qui concerne le tournesol, nous restons dépendants des approvisionnements venus d’Ukraine.” Enfin, la filière colza, dont les tourteaux sont des co-produits, elle, est tribu- taire de la réglementation française en matière d’agro-carburants, qui en constitue le principal débouché ■

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