Nantes Saint-Nazaire Port Le magazine n°95

NANTES SAINT-NAZAIRE PORT LE MAGAZINE - N°95 - janvier 2019 5 NÉ ILYAUNE DIZAINE D’ANNÉES, LE SITE D’ESSAIS ENMER DE L’ÉCOLE CENTRALE DE NANTES EST ENTRÉ DANS UNE PHASE D’EXPLOITATION. SON RACCORDEMENTAU RÉSEAU ÉLECTRIQUE PERMETÀ SES ÉQUIPEMENTS DE PRODUIRE LEURS PREMIERS KILOWATTS. "Ce n’est pas parce qu’une technologie est mature qu’il faut réduire la R&D. Bien au contraire, il faut la renforcer." Pour Bertrand Alessandrini, Directeur du développement à Centrale Nantes, le moment est venu de mettre l’accent sur les énergies marines renouvelables (EMR). La région dispose pour cela d’un outil unique. Le site SEM-REV est désormais raccordé, ce qui permet, depuis le mois de septembre, à Floatgen, la première éolienne flottante française, d’injecter sa production sur le réseau électrique. "La France a malheureusement pris du retard sur les éoliennes posées , reconnaît Bertrand Alessandrini. En revanche, elle peut prendre de l’avance en matière d’éolien flottant. Cette technologie est promise à un bel avenir. Je pense, et la plupart des analyses le confirment, qu’elle captera une part importante du marché de l’éolien offshore dans les années 2025-2030. " SEM-REV accompagne aujourd’hui un second programme éolien flottant baptisé Eolink. Celui-ci utilise une technologie très différente de celle de Floatgen, sans mât central pour soutenir la turbine. ÉTUDES D’IMPACT SUR LA FAUNE ET LA FLORE Outre l’éolien, le site fait également la part belle à l’énergie houlo-motrice (énergie des vagues). Un premier démonstrateur mis au point par l’entreprise GEPS-Techno a déjà été testé en bassin. Un autre, à l’échelle 1, achève aujourd’hui sa construction sur le port de Saint-Nazaire. Il sera mis en place sur le site SEM-REV au printemps prochain. L’école Centrale travaille également sur un autre projet houlo-moteur, porté par la société SBM offshore basée à Monaco. La technologie utilisée est particulièrement révolutionnaire, puisqu’elle ne repose pas sur une transformation mécanique de l’énergie. C’est la différence de potentiel, obtenue grâce à la déformation par la houle de nappe en polymères électro-actifs, qui produit de l’électricité. "Nous menons d’autres projets plus confidentiels ou encore trop peu avancés, souligne Bertrand Alessandrini. Nous disposons d’une zone dédiée à l’étude des impacts des EMR en termes visuels, acoustiques, électromagnétiques sur la faune et la flore. Une équipe transverse d’une vingtaine de personnes gère le site. À cela s’ajoutent les équipes projets qui sont montées en partenariat avec les industriels. Aujourd’hui, le marché mondial des énergies offshore est estimé à 50 milliards de dollars. Et contrairement aux idées reçues, l’électricité produite est aujourd’hui rentable." ■ Site d’essais en mer L’âge de la maturité pour SEM-REV CONNECTÉ EN 2018 SEM-REV est installé à 20 kilomètres des côtes, au large du Croisic, sur une zone d’un km². Le site est désormais connecté au réseau moyenne-tension grâce à un câble électrique de 25 kilomètres de long. L'éolienne flottante Floatgen sur le site d'essais SEM-REV. Dans le cadre des études préalables à l'implantation d'un parc en mer, EDF Renouvelables utilise un mât de mesure de vent. Ici pour le futur parc au large de Fécamp. © Centrale Nantes

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