Nantes Saint-Nazaire Port Le magazine n°95

17 Une opération inédite sur ce type de navire. Les trois moteurs de la drague Samuel de Champlain ont été changés au profit de nouveaux baptisés dual-fuel, fonctionnant à la fois au gaz et au Diesel Marine Léger. Cette opération doit permettre de limiter sensiblement les émissions d’oxydes d’azote, de CO2 et de particules fines. " La Samuel de Champlain a été mise en service au début des années 2000, souligne Hubert Louys, Chef de projet et responsable maintenance au GIE Dragages Ports. Grâce à une subvention européenne (lire ci-dessous) , nous avons pu lancer l’opération de changement de motorisation." Un marché a été conclu avec l’entreprise néerlandaise Damen Shiprepair & Conversion sur une durée de 19 mois pour mener les études, fabriquer les nouvelles cuves et les nouveaux moteurs et réaliser les travaux de transformation. La drague est partie début octobre à Dunkerque, pour y être mise au sec le 8. LE GAZ, CARBURANT MAJEUR "Les trois moteurs sont identiques , précise Jean-Pierre Guellec, Administrateur du GIE. Ils n’entraînent pas directement la propulsion mais alimentent chacun un alternateur qui produit toute l’électricité nécessaire à la bonne marche du navire. L’objectif est de les faire fonctionner au maximum DÉBUT OCTOBRE, LA DRAGUE SAMUEL DE CHAMPLAIN A ÉTÉ MISE À SEC À DUNKERQUE. ELLE Y A ÉTÉ DÉLESTÉE DE SON ANCIENNE MOTORISATION ET ÉQUIPÉE D’UN NOUVEAU DISPOSITIF FAISANT LA PART BELLE AU GNL. ELLE VA ENSUITE SUBIR UNE SÉRIE DE TESTS AVANT DE REPRENDRE DU SERVICE. Dragages NANTES SAINT-NAZAIRE PORT LE MAGAZINE - N°95 - janvier 2019 La Samuel de Champlain met du gaz dans ses moteurs UNMONTAGE FINANCIER COMPLEXE L’opération de remplacement des moteurs et des cuves de la Samuel de Champlain coûte plus de 20 millions d’euros, dont la moitié provient de fonds européens du Mécanisme pour l’interconnexion en Europe(MIE). Pour y avoir droit, un consortium réunissant une douzaine de membres a vu le jour. Il regroupe Nantes Saint-Nazaire Port, qui arme la Samuel de Champlain , mais aussi les ports du Havre, de Rouen, de Gijón et de Vigo, ainsi que deux entreprises d’ingénierie navale (Inova Labs et Ghenova), deux fournisseurs d’énergie (Energias de Portugal et Gas Natural Fenosa), un opérateur de navires "short-sea" (Suardiaz) et une association européenne du secteur du dragage (CEDA : Central Dredging Association). Le projet est mené par le GIE Dragages Ports. La Samuel de Champlain mesure 117 mètres de long pour une largeur de 24 mètres et une capacité d’emport de 8 500 m 3 . Elle opère 60 % de son temps sur l’estuaire de la Loire et le reste sur celui de la Seine. au gaz. Ce carburant présente le double avantage de diminuer la pollution et de réduire les coûts de carburant et de maintenance. Cependant, le gazole, même en petite quantité, permet d’allumer le gaz pour la combustion. De plus, il permet d’être sûr de ne pas stopper l’exploitation en cas de difficultés pour approvisionner en gaz." À la suite de sa remise à l’eau début décembre, la drague est restée à flot à Dunkerque jusqu’à la fin de l’année, le temps de finaliser l’installation des équipements à bord. Le mois de janvier est consacré aux essais et à la mise en service. Pendant la durée de son indisponibilité, la Samuel de Champlain aura été remplacée par une autre drague, plus puissante, appartenant à la Société de Dragage International (SDI) du groupe DEME ■ La mise en place de l'une des nouvelles cuves à bord de la Samuel de Champlain . Les anciens moteurs ont été retirés le 18 octobre pour laisser place, une semaine plus tard, au nouveau système de production d’énergie électrique du navire : trois groupes électrogènes dual-fuel MAN 6L35/44DF. © Damen © Damen

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