Histoire du Port

Des origines au XVIIIème siècle

A l’âge du fer, Nantes est un comptoir commercial habité par le peuple Namnète. Situé sur son territoire, il est également possible que Saint-Nazaire soit construit sur l’antique Corbilo, décrite par Pythéas, navigateur grec du IVe siècle avant notre ère.

A l’issue de la guerre des Gaules, les Romains cèdent le sud de la Loire aux Pictons, maîtres du Poitou, les incitant à créer Portus Ratiatum, qui deviendra Rezé. A l'époque gallo-romaine, Portus Namnetum (Nantes), chef lieu romain, vit principalement de l’activité du port et notamment du commerce du sel, du cuivre, de l’étain et de la vente des produits agricoles et marins.

                                


Si d’importants travaux de creusement des marais à l’est du bourg de Nantes sont ordonnés, à la fin du VIe siècle, sous l'épiscopat de Félix, il faut attendre le XIVe siècle pour voir le port s’ouvrir au commerce international : les bateaux chargés de vin du val de Loire, de toiles et de chanvre, prennent le chemin de l’Angleterre et de l’Irlande. D’autres ramènent d’Espagne de l’huile et des métaux.

Au XVe siècle, Nantes est une étape des Hanséates qui viennent chercher du sel en baie de Bourgneuf. Des traités de commerce sont signés avec la Castille et le Léon puis avec Bilbao. Les fruits, l’alun, le fer, la laine venus d’Espagne, côtoient les draps de Normandie, de Flandres et du Poitou, les toiles d’Anjou et d’Allemagne qui transitent par Nantes.

Utilisé depuis le moyen âge, le quartier de La Fosse se structure au début du XVIe siècle, autour de la place du Port-au-vin. Si le trafic ligérien - vin et sel notamment - domine encore, la présence des marchands espagnols, hollandais, irlandais, portugais, confirme le port de Nantes dans son rôle de porte atlantique européenne au débouché de la Loire.


                                 


A l’aube du XVIIe siècle, les négociants nantais se contentent toujours du petit cabotage mais, confrontés à la concurrence du vin de Bordeaux ou du sel de Brouage, doivent se tourner vers l’Atlantique en allant pêcher la morue à Terre Neuve.

La première cargaison de tabac, ramenée des Antilles en 1639, ouvre la voie à un commerce en droiture. Les navires chargés de matières premières prennent la route des colonies et ramènent des produits exotiques.
                                                       

En 1665, l’autorisation d’organiser des ventes de la Compagnie Française des Indes Orientales développe le commerce vers le Sénégal, la Chine et l’Inde.

                                                         

                                

Du XVIIIe au XXe siècle : une porte atlantique

Considéré comme le 1er port d’Europe en 1704, Nantes occupe le premier rang des ports français jusqu’au milieu du XVIIIe siècle. En 1725, irlandais, anglais, portugais, espagnols et surtout hollandais, représentent 13% des négociants du port de Nantes.

Le siège de la Compagnie des Indes étant installé à Lorient en 1733, la traite négrière devient une source de profit considérable. Les bateaux armés dans le port de Nantes, entre 1707 et 1793, représenteront 42% du trafic français.

Déportés, les Africains sont vendus comme esclaves à la Martinique, à la Guadeloupe et surtout à Saint-Domingue, avant que les bricks négriers importent sucre brut, rhum, indigo, épices, café, cacao, tabac. Le port de Nantes est alors un vaste marché de réexpédition des denrées coloniales vers les autres ports d’Europe.

Seul l’ensablement de l’estuaire complique l’accès à Nantes des navires de fort tonnage. Des ports comme Le Croisic et surtout Paimboeuf deviennent des avant-ports. Les marchandises sont chargées sur des gabarres, qui remontent l’estuaire jusqu’à Nantes.


                                           


Les premières années de la révolution n’altèrent par la croissance du port. Le tonnage global brut passe de 237 716 tonnes en 1790 à 261 163 tonnes en 1792. La guerre civile, le décret d'abolition de l'esclavage, l’indépendance de Saint-Domingue, le blocus continental, font chuter le tonnage à 43 242 tonnes en 1807.

Au XIXe siècle, si la traite reprend illégalement notamment vers la Réunion, des armateurs, comme les Dobrée, s’orientent vers la pêche à la baleine. Les importations de sucre représentent toujours une part très importante de l’activité du port. La houille, nécessaire au fonctionnement des raffineries, est importée par le port de Nantes.

Dès 1822, Saint-Nazaire, Paimboeuf et Nantes sont reliés quotidiennement par des bateaux à vapeur, qui seront rachetés par la compagnie des chemins de fer d’Orléans, dont les voies arrivent à Nantes en 1851 et sont prolongées jusqu’à Saint-Nazaire.


                                             


Le bassin de Saint-Nazaire est inauguré en 1856. 3 292 mouvements sont enregistrés dès la première année. Tête de ligne vers les Antilles et le Mexique, la Compagnie Générale Transatlantique choisit Saint-Nazaire comme point de départ de ses grands paquebots, en 1862. La construction du bassin de Penhoët, en 1881, confirme le rôle de Saint-Nazaire comme port de front d’estuaire.

                                           

Disposant d’un tirant d'eau de 5,80 mètres, l’ouverture du canal de la Martinière en 1892, doit rendre plus facile l’accès du port de Nantes à la mer. Au début du XXe siècle, le trafic du port de Nantes dépasse effectivement le million de tonnes. L'ensemble du trafic de la Basse-Loire est de 4 millions de tonnes.

Du XXe siècle à 2009 : l’union de l’estuaire

Afin de permettre l'accès de navires calant jusqu’à 8 mètres de tirant d'eau jusqu’à Nantes, des travaux d'aménagement du lit du fleuve sont entrepris en 1903. Les résultats positifs rendent obsolète le canal de la Martinière.

Les Américains débarquent à Saint-Nazaire en 1917. Ils doublent la voix ferrée jusqu’à Nantes, construisent des quais à Montoir et créent, à Donges, des appontements pétroliers. L’entreprise Antar profitera des infrastructures pour y installer une raffinerie en 1931.

"Il y a lieu de considérer les ports de Nantes et de Saint-Nazaire comme deux éléments connexes, d’un même établissement maritime…", reconnaît le Comité d’Etude de la Basse-Loire, créé au lendemain de la Première Guerre mondiale.

Les bombardements de la Seconde Guerre mondiale vont considérablement endommager les installations portuaires de la Basse-Loire. 121 épaves encombrent les accès ou forment, à La Télindière, un barrage impressionnant.

D’étroites relations nouées entre l’amont et l’aval de l’estuaire aboutissent à la création de "l'établissement maritime de la Basse-Loire". De nouveaux sites sont aménagés. Les premières installations de Cheviré voient ainsi le jour en 1956.


                                         


En 1966, les ports de l’estuaire sont réunis au sein d’un seul établissement public : le port autonome de Nantes Saint-Nazaire. Le trafic du nouvel établissement est alors de 9,77 millions de tonnes. Le port autonome va peu à peu s’affirmer comme le grand port généraliste de la façade atlantique.


                                           


La décision de créer un site portuaire entre Saint-Nazaire et Donges est prise en 1970. L’aménagement des 4 postes du terminal agro-alimentaire de Montoir-de-Bretagne s’étalera de 1971 à 1990.


L'année 1976 est marquée par la décision d’implanter un terminal méthanier à Montoir-de-Bretagne. D’une capacité de 10 millions de tonnes, il est inauguré en 1980.


Le terminal roulier est mis en service à Montoir-de-Bretagne en 1977. Un deuxième, implanté à Cheviré, viendra l'épauler en 1996.
Trois ans plus tard, le terminal charbonnier de Montoir-de-Bretagne voit le jour. Le terminal pétrolier de Donges est doté d’un 7e poste la même année.

En 1991, le Port autonome de Nantes Saint-Nazaire choisit d’utiliser le nom commercial « Port Atlantique Nantes Saint-Nazaire », pour être toujours plus visible au niveau international.

                                             

Depuis 2002, le poste roulier de Cheviré permet de transporter les tronçons d’Airbus de Nantes à Saint-Nazaire.

Le trafic du port atteint, en 2005, les 34,5 millions de tonnes. Un 4e poste à quai est inauguré à Cheviré la même année pour accueillir de nouveaux trafics.

En quatre décennies, la capacité des outillages portuaires a fortement augmenté, passant de 75 à 1 250 tonnes de marchandises à l’heure.

En 2008, pour renforcer leur compétitivité sur le plan européen, les ports autonomes métropolitains deviennent grands ports maritimes. La nouvelle gouvernance du Grand Port Maritime de Nantes Saint-Nazaire est installée en 2009.