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Lamanage : un lien essentiel entre les navires et le port

Ils sont le premier contact des marins avec la terre quand ils arrivent au port. Les lamaneurs sont chargés d’assurer l’amarrage et le largage des navires, de jour comme de nuit, quelles que soient les conditions climatiques. À Saint-Nazaire, une quinzaine d’entre eux assurent le bon déroulement des opérations. Reportage.

Ce jour-là (reportage réalisé en février 2020), le Suar Vigo et le Mobile Express sont annoncés à l’entrée de l’estuaire en direction du terminal roulier. Dans le même temps, ou presque, un vraquier hongkongais doit accoster au bout du terminal à marchandises diverses et conteneurs pour charger de la ferraille. Au poste de contrôle du lamanage de Saint-Nazaire, Yvann Blanchet, patron de vedette, assure la permanence. En liaison directe avec la capitainerie, il s’apprête à mobiliser ses équipes pour préparer l’accostage de ces trois bateaux. « Avec l’expérience, on sait à peu près le temps nécessaire à un navire pour arriver à son poste à quai, explique-t-il. À partir du moment où nous savons que le pilote est monté à bord, nous nous tenons prêts. »

Petit à petit, les lamaneurs arrivent au poste de commande pour s’équiper. En alerte 24h/24 et 7j/7, le service du lamanage de Nantes Saint-Nazaire Port peut mobiliser à tout moment une ou plusieurs équipes selon les besoins et le type de navire qui se présente.

Amarres croisées

Pour chaque mouvement de bateau, la capitainerie transmet un schéma d’amarrage à respecter. Ce dernier tient compte de la taille du navire, des conditions météo ainsi que des coefficients de marée. « Toutes les informations utiles y apparaissent, précise Thierry Lacroix, chef de manœuvre mobilisé cette fois-là. Les bollards (bitte d’amarrage en bordure de quai) sur lesquels doivent être placées les aussières (cordages), le type d’amarrage... »

Une fois constituées, les équipes se rendent au poste à quai correspondant. Chacun connaît son rôle et le ballet et bien réglé. Une fois la coupée (passerelle mobile) accrochée à l’arrière du petit camion doté d’un cabestan pour aider à la manœuvre, chaque lamaneur se place à proximité du bollard qui lui a été attribué. Le bruit des machines et l’absence de langue commune limite les échanges entre le bord et le quai. Quelques gestes simples permettent de se comprendre. Une à une les aussières sont envoyées, fixées au bollard puis tendues. En fonction du type de bateau et de l’expérience des marins à bord, l’amarrage peut durer entre 30 et 45 minutes. Quand l’opération est terminée, la coupée est hissée et fixée au navire pour permettre la descente du pilote.

Missions de sécurité
Outre l’accostage, le déhalage (changement de poste à quai) ou le largage de bateaux, le service de lamanage peut être sollicité pour d’autres opérations, liées notamment à la sécurité dans l’estuaire ou à la dépollution, comme le souligne Yvann Blanchet : « Nous pouvons être appelés pour un bateau en panne, un voilier à la dérive ou encore un tronc d’arbre flottant sur la Loire. Là encore, nous sommes prévenus par la capitainerie. Lors de la tempête qui a soufflé début février, nous sommes intervenus de nuit, à Saint-Nazaire, pour sécuriser un paquebot qui avait rompu ses amarres. »

Un bon amarrage fait partie intégrante de la sécurité des navires. La mission des lamaneurs, qui opèrent comme des équilibristes aguerris au bord des quais, dans des conditions parfois difficiles, est un élément essentiel du bon accueil des navires et des équipages. Sur les infrastructures portuaires de Nantes Saint-Nazaire, deux prestataires se partagent l’activité du lamanage : l’entreprise Huchet-Desmars et le pôle appartenant au service bathymétrie, dragage et lamanage de Nantes Saint-Nazaire Port. Tous deux disposaient d’un agrément de 15 ans accordé en 2005. Ces derniers ont fait l’objet d’un renouvellement en fin d’année dernière.

Retrouvez le reportage photo dans Nantes Saint-Nazaire Port, le magazine.

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