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Les enjeux de l’alimentation animale dans le Grand Ouest

En matière d’élevage, le coût de l’alimentation constitue la part la plus importante du prix de revient des produits. Leader français du secteur, le grand Ouest réunit tous les grands acteurs de la filière : importateurs, triturateurs, fabricants d’aliments, éleveurs… Et Nantes Saint-Nazaire Port qui les accompagne face aux défis posés par l’évolution des modes de consommation et les enjeux sociétaux.

La question de l’alimentation animale dépasse les enjeux de la qualité nutritionnelle. Le marché évolue avec les exigences des consommateurs en matière d’hygiène et de sécurité, mais aussi de traçabilité et de respect de l’environnement. La plupart des animaux d’élevage ont besoin d’aliments concentrés pour compléter leur ration qui peut être produite directement sur les exploitations (herbe, ensilage de maïs ou d’herbe, foin). C’est vrai pour les bovins, mais aussi et surtout pour le porc et la volaille pour lesquels ces aliments concentrés constituent l’essentiel des apports. Les rations produites par les fabricants d’aliments (dont beaucoup sont situés dans le grand Ouest) contiennent principalement des matières premières riches en énergie et des protéines.

Exigence de durabilité et de traçabilité

Les matières énergétiques sont issues de céréales, majoritairement cultivées en France. Les protéines, elles, proviennent essentiellement de tourteaux qui sont des co-produits des industries de trituration de production d’huiles (alimentaires, mais aussi de bio-diesel) : tournesol, colza, soja. On les trouve également dans des protéagineux tels que les pois, les féveroles ou les lupins ainsi que dans les co-produits de l’éthanolerie, de l’industrie de la meunerie ou de l’amidonnerie. Cependant, toutes les sources de protéines ne se valent pas et le soja, grâce à ses qualités nutritionnelles, demeure un élément-clé des aliments concentrés.

Le cas de cet oélo-protagineux est emblématique des grands enjeux actuels de la filière alimentation animale. Les consommateurs exigent une traçabilité et une durabilité sans faille sur tous les maillons de la filière. Le soja cristallise une partie de leurs critiques. Importé majoritairement d’Amérique du Sud, souvent génétiquement modifié, il est également accusé d’être une des causes de la déforestation en Amazonie.

Engagement d’avenir et partenariats

Depuis plusieurs années, les grands acteurs économiques de la filière multiplient les initiatives pour rendre le soja importé en France plus « durable ». Le volume des importations n’a cessé de baisser pour se stabiliser autour de 3,5 millions de tonnes. « En 15 ans, nous avons divisé notre consommation de soja par deux », expliquait à l’été 2019 Jean-Michel Boussit, Vice-président du SNIA (Syndicat National de l'Industrie de la Nutrition Animale). La France produit 80 % de ses besoins de matières premières utilisées en alimentation animale.

Si les premiers lots de graines de soja estampillés « Soja de France » ont été lancés en 2018 à l’initiative de Terres Univia, l’interprofession des huiles et protéines végétales, il existe une part « incompressible » de soja importé. Là encore, les industriels français font preuve d’innovation. Nombre d’entre eux témoignent dans le dossier que propose le magazine de Nantes Saint-Nazaire Port : Cofco, Cavac,  Feedsim Avenir, Solteam, Bunge… 

Si les industriels français respectent le moratoire signé en 2006 interdisant d’acheter du soja sur des parcelles déforestées, la majorité d’entre eux va plus loin. Ils contrôlent les zones exploitées par satellite, montent des partenariats avec les coopératives locales ou des ONG, réduisent les organismes génétiquement modifiés... Pour formaliser ces engagements, la France a lancé la plateforme Duralim  il y a trois ans. Ses membres, acteurs majeurs de la filière, se sont engagés sur la durabilité de leur approvisionnement en matières premières. Avec une ambition affichée : atteindre, au plus tard en 2025, 100 % d’approvisionnement durable avec un objectif de zéro déforestation.

Découvrez l'intégralité de Nantes Saint-Nazaire Port le Magazine, n°98.

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